Il y a des plantes grasses qu’on remarque à peine en jardinerie, et d’autres qui arrêtent net le regard. La Crassula ‘Buddha’s Temple’ fait clairement partie de la deuxième catégorie. Ses feuilles serrées les unes sur les autres forment des colonnes carrées qui évoquent une petite pagode, ou un temple miniature, d’où son nom. Je l’ai chez moi, elle vit dehors depuis toujours, sur le rebord de la fenêtre de ma cuisine, et elle m’a même offert quelques fleurs blanches. Voici tout ce qu’il faut savoir pour la reconnaître, l’entretenir et la multiplier.
Son nom français est parfois traduit en Crassula Temple de Bouddha, mais on la trouve le plus souvent sous son nom anglais, y compris sur les étiquettes en France. Il s’agit d’ailleurs de son nom commercial, pas de son nom latin !
D’où vient la Crassula ‘Buddha’s Temple’ ?
Contrairement à beaucoup de succulentes que l’on achète, la ‘Buddha’s Temple’ n’existe pas à l’état sauvage. C’est un hybride horticole, créé en 1959 par le botaniste américain Myron Kimnach, en croisant deux crassulas originaires d’Afrique australe.
- Crassula pyramidalis, une petite crassula aux feuilles minuscules empilées en colonnes très serrées, qui lui a transmis cette silhouette en pile.
- Crassula perfoliata, dont la variété exacte utilisée n’est pas la même selon les références botaniques : certaines parlent de la variété *minor*, d’autres de la variété *falcata* (l’ancienne Crassula falcata, connue pour ses grandes feuilles en forme de faux).
C’est en hommage à son créateur qu’on la croise parfois sous d’autres noms, comme Crassula ‘Kimnachii’ ou Crassula ‘Myron Kimnach’. Si vous cherchez la plante en ligne ou dans une bourse aux plantes, ces synonymes peuvent vous aider.
À quoi la reconnaître ?
Difficile de la confondre avec une autre plante une fois qu’on l’a vue. Ses principaux signes distinctifs :
- des feuilles épaisses, larges et en forme de cœur, aplaties et empilées les unes sur les autres sans laisser voir la tige ;
- des feuilles qui se recourbent légèrement vers le haut à leurs extrémités, ce qui donne cet effet de toit de pagode ;
- des colonnes de section carrée, d’environ 4 cm de large, qui montent jusqu’à 15 à 20 cm de hauteur selon les sources ;
- une teinte vert grisé à gris argenté, avec une fine couche poudrée blanche (la pruine) qui protège la plante du soleil et l’aide à limiter ses pertes d’eau ;
- des ramifications qui partent des côtés des colonnes, à différentes hauteurs.
Sur la mienne, on voit bien ces nouvelles petites colonnes qui démarrent à la base, comme des rosettes encore enroulées sur elles-mêmes. C’est d’ailleurs l’un des charmes de la plante : elle se densifie toute seule avec le temps.

Petite astuce : évitez de manipuler les feuilles avec les doigts. Comme sur beaucoup de succulentes poudrées, la pruine s’efface au toucher et laisse des marques qui ne reviennent pas sur les feuilles concernées.
Sa floraison : des petites fleurs en bouquet
La ‘Buddha’s Temple’ peut fleurir, et c’est toujours une jolie surprise. Les boutons sont souvent rouges avant de s’ouvrir sur de petites fleurs étoilées rose pâle à presque blanches, regroupées en bouquet serré. Selon les références, la floraison a lieu au printemps et en été, mais elle peut aussi apparaître à d’autres moments de l’année quand les conditions lui conviennent.
Chez moi, les fleurs étaient bien blanches, avec de petites étamines jaunes, et elles sont sorties sur une pousse latérale près de la base plutôt qu’au sommet de la grande colonne. Rien d’anormal : chaque colonne ou ramification peut porter sa propre floraison.
Une plante qui fleurit, c’est généralement le signe qu’elle reçoit assez de lumière et qu’elle n’a pas été noyée. Si la vôtre ne fleurit jamais, c’est souvent la lumière qu’il faut revoir en priorité.
Sa floraison en vidéo
Voici ma Crassula ‘Buddha’s Temple’ en fleurs, en vidéo : on voit bien les colonnes de feuilles empilées et le petit bouquet de fleurs blanches qui sort près de la base.
Quelle lumière pour la Crassula ‘Buddha’s Temple’ ?
Comme la plupart des crassulas, elle a besoin de beaucoup de lumière pour rester compacte, garder ses colonnes bien serrées et afficher ses plus belles couleurs. En intérieur, placez-la au plus près d’une fenêtre lumineuse.
Elle supporte le soleil, mais avec une nuance : le soleil direct de l’après-midi, en plein été, peut brûler ses feuilles. Le soleil du matin est idéal. Si elle passe l’été dehors, sur un balcon par exemple, mieux vaut lui trouver un emplacement un peu protégé aux heures les plus chaudes, et l’habituer progressivement au soleil plutôt que de la sortir d’un coup en plein cagnard.
À l’inverse, en manque de lumière, elle a tendance à s’étirer et à perdre son aspect de pile compacte. C’est ce qu’on appelle l’étiolement, un phénomène que j’explique plus en détail dans cet article sur l’étiolement des plantes grasses. Et si vous hésitez sur le meilleur emplacement extérieur, mon article sur l’orientation du balcon peut vous aider à y voir plus clair.
Comment arroser la Crassula ‘Buddha’s Temple’ ?
Ses feuilles épaisses stockent de l’eau : elle supporte bien mieux un oubli qu’un excès. La méthode la plus sûre est celle de l’arrosage copieux puis du séchage complet :
- arrosez généreusement, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le trou du pot ;
- videz la soucoupe ou le cache-pot, pour que les racines ne baignent jamais dans l’eau ;
- attendez que le substrat soit entièrement sec avant d’arroser à nouveau.
Au printemps et en été, quand elle pousse, le rythme sera plus soutenu. En hiver, il faut réduire nettement les arrosages, surtout si la plante est au frais. Certaines fiches de culture conseillent même de ne pas dépasser un arrosage par mois dans les périodes calmes. Tout dépend bien sûr de la chaleur de la pièce et de la taille du pot. Pour mieux comprendre ce qui se passe pendant la saison froide, vous pouvez lire mon article sur le repos hivernal des plantes grasses.
Un détail pratique : ses feuilles serrées retiennent facilement l’eau entre elles. Arrosez plutôt au pied, directement sur le substrat, plutôt que par-dessus la plante.
Quel substrat et quel pot ?
La ‘Buddha’s Temple’ n’est pas difficile sur la nature du sol, mais elle exige un substrat très drainant. Un terreau spécial cactées et plantes grasses convient, idéalement allégé avec du sable grossier, de la pouzzolane ou de la perlite pour que l’eau ne stagne jamais.
Côté contenant, le trou de drainage est indispensable. Si vous la mettez dans un cache-pot décoratif, comme la mienne qui est dans un cache-pot en métal, pensez simplement à vérifier après chaque arrosage qu’il ne reste pas d’eau au fond. Pour choisir le matériau le plus adapté à vos habitudes d’arrosage, j’ai détaillé les avantages et inconvénients de chacun dans cet article sur le choix du pot.
Le rempotage se fait de préférence au printemps, quand la plante repart, et seulement quand c’est nécessaire : elle se contente très bien d’un pot pas trop grand.
Température : supporte-t-elle le froid ?
C’est le point sur lequel les sources se contredisent le plus, alors je préfère vous le dire franchement. Certaines références indiquent qu’elle peut supporter ponctuellement des températures légèrement négatives, autour de -3 à -4 °C. D’autres conseillent au contraire de ne pas la laisser descendre sous 5 °C, et de la garder entre 15 et 25 °C en intérieur.
De mon côté, je peux témoigner d’une chose : la mienne vit dehors toute l’année, sur le rebord de la fenêtre de ma cuisine en banlieue parisienne, et elle tient toujours. Mais ce n’est pas une garantie pour toutes les situations : un rebord de fenêtre collé à la façade profite d’un peu de chaleur venue du logement et reste en partie abrité du vent et de la pluie, ce qui n’a rien à voir avec un jardin exposé en pleine terre.
Si vous n’avez pas ce type d’emplacement, la prudence s’impose : mettez-la à l’abri du gel. Si elle passe la belle saison dehors, rentrez-la ou protégez-la dès que les nuits fraîchissent nettement. Une plante qui a reçu de l’eau peu de temps avant un coup de froid est beaucoup plus vulnérable qu’une plante au sec.
Comment multiplier la Crassula ‘Buddha’s Temple’ ?
Bonne nouvelle : elle se multiplie facilement, et c’est un excellent moyen de partager la plante. Plusieurs méthodes existent :
- les rejets et ramifications : quand une petite colonne s’est formée sur le côté, vous pouvez la détacher délicatement, avec un peu de tige si possible ;
- les boutures de tiges : c’est la méthode la plus fiable, en prélevant une portion de colonne ;
- les boutures de feuilles : possibles aussi, mais plus longues et moins évidentes avec des feuilles aussi serrées, difficiles à détacher entières.
Dans tous les cas, laissez la plaie de coupe sécher quelques jours à l’air libre avant d’installer la bouture dans un substrat légèrement humide et très drainant. Placez-la à la lumière, sans soleil brûlant, et soyez patient. Si vous hésitez entre les différentes techniques, mon comparatif des boutures de tiges et de feuilles vous aidera à choisir.
Les problèmes les plus courants
La ‘Buddha’s Temple’ est une plante plutôt facile, mais quelques soucis reviennent régulièrement :
- la pourriture due à un excès d’eau, qui se manifeste par des feuilles molles, translucides ou noircies à la base : c’est de loin le danger numéro un ;
- les cochenilles, auxquelles elle est sensible et qui aiment se cacher entre ses feuilles serrées, ce qui les rend difficiles à repérer. Inspectez régulièrement la base des feuilles. Si besoin, voici les gestes simples pour s’en débarrasser ;
- l’étirement en cas de manque de lumière, avec des colonnes qui s’allongent et s’espacent ;
- les brûlures en plein soleil d’été, qui laissent des marques brunes ou blanchâtres sur les feuilles exposées ;
- une plante qui se dégarnit avec les années : au bout de plusieurs années, elle peut devenir moins harmonieuse. Rien de grave, on peut alors la rabattre ou repartir de boutures pour obtenir de nouvelles colonnes bien nettes.
En bref
| Critère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Origine | Hybride horticole créé en 1959 par Myron Kimnach |
| Taille | Colonnes d’environ 4 cm de large, jusqu’à 15 à 20 cm de haut |
| Lumière | Très lumineux, soleil du matin idéal, attention au plein soleil d’été |
| Arrosage | Copieux puis séchage complet, très réduit en hiver |
| Substrat | Très drainant, pot percé obligatoire |
| Froid | À protéger du gel, les sources divergent sur sa résistance |
| Floraison | Petites fleurs rose pâle à blanches, surtout au printemps et en été |
| Multiplication | Rejets, boutures de tiges, plus rarement de feuilles |
La Crassula ‘Buddha’s Temple’ est une succulente graphique, peu exigeante et vraiment originale. Donnez-lui de la lumière, un substrat qui draine bien et laissez-la au sec entre deux arrosages : elle vous le rendra avec des colonnes bien serrées, et peut-être même avec quelques fleurs, comme la mienne.
Comment j’ai eu ce Buddha’s temple ?
C’est lors d’une visite dans une vente éphémère de plantes, Plantes Pour Tous à Paris que ce petit pot m’a été offert lors du paiement de mes achats 🙂 Je n’aurais pas cru que je réussirai à la garder sur la durée, donc je suis plutôt ravie de ce petit cadeau ! Qui vit en bord en extérieur 🙂
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