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Le repos hivernal des plantes grasses

Arrosage, lumière, température, engrais, rempotage : tout ce qu'il faut savoir pour accompagner le repos hivernal de vos plantes grasses et succulentes, sans les perdre.

Beaucoup l’ignorent. Pourtant, tout comme beaucoup de mammifères, certains végétaux comme les plantes grasses et succulentes ont une phase de sorte d’hibernation aux saisons froides. Qu’on appelle le plus souvent le repos hivernal. Ou encore « dormance ».

Entre novembre et mars, vos succulentes changent de rythme. Les rosettes se resserrent, les nouvelles feuilles se font rares, et une plante qui buvait volontiers en juillet peut pourrir en quelques semaines si on continue à l’arroser au même rythme. Ce ralentissement porte un nom : le repos hivernal. Bien le comprendre, c’est éviter la plupart des pertes de l’hiver, et retrouver au printemps des plantes compactes et prêtes à repartir.

Voici ce qui se passe pendant cette période, comment adapter l’arrosage, la lumière et l’emplacement, et pourquoi toutes les succulentes ne se reposent pas au même moment.

Bref, aujourd’hui, c’est un gros zoom sur ce fameux repos hivernal des plantes grasses !

Le repos hivernal, qu’est-ce que c’est ?

Le repos hivernal, ou dormance, est une phase où la plante réduit fortement son activité. Les cactus et les succulentes ont besoin d’une période de dormance relative pendant l’hiver. La plante ne meurt pas et ne souffre pas : elle économise ses réserves en attendant le retour de journées plus longues et plus chaudes.

Deux facteurs déclenchent ce ralentissement : la baisse de la luminosité, avec des journées courtes et un soleil bas, et la baisse des températures. Dans leur milieu d’origine, beaucoup de succulentes traversent une saison sèche ou fraîche pendant laquelle elles vivent sur les réserves stockées dans leurs feuilles, leurs tiges ou leurs racines. Le repos hivernal en culture reproduit ce cycle.

Comment reconnaître une succulente au repos

Les signes sont discrets, et c’est justement ce qui inquiète souvent. Une plante en dormance cesse complètement de produire de nouvelles pousses, ses feuilles peuvent jaunir ou brunir puis tomber, et les rosettes peuvent se contracter.

En pratique, voici ce que vous pouvez observer sans vous affoler :

  • la plante ne grandit plus, ou presque plus ;
  • les rosettes d’Echeveria ou de Sempervivum se referment légèrement sur elles-mêmes ;
  • quelques feuilles du bas sèchent et se détachent, ce qui est normal tant que le cœur reste ferme ;
  • certaines espèces prennent des teintes plus rouges ou plus foncées avec le froid et la lumière vive.

À l’inverse, des feuilles molles, translucides ou noircies, une tige qui ramollit à la base ou une odeur de moisi ne sont pas des signes de repos : ce sont des signes d’excès d’eau. Dans ce cas, il faut sortir la plante de son pot, vérifier les racines et laisser sécher.

Toutes les succulentes ne se reposent pas en hiver

C’est le point que l’on oublie le plus souvent. On distingue deux grands groupes : les espèces à croissance estivale, qui poussent en été et entrent en dormance en hiver, et les espèces à croissance hivernale, qui ralentissent au contraire pendant les fortes chaleurs de l’été. La plupart des succulentes sont surtout actives au printemps et en automne.

L’Aeonium en est un bon exemple. Sa saison de croissance principale se situe au printemps et en automne, il entre souvent en dormance pendant les périodes chaudes de l’été, et il faut l’arroser plus parcimonieusement en été comme en hiver. Si vous avez un Aeonium tabuliforme ou un Aeonium arboreum, ne soyez donc pas surpris de le voir plus vigoureux en automne qu’en plein mois d’août.

Avant de modifier vos habitudes, identifiez donc vos plantes. Une succulente dont vous ne connaissez pas le nom se soigne au jugé, et c’est souvent là que les erreurs commencent.

Le cas des succulentes d’intérieur chauffé

Une plante qui passe l’hiver dans un salon à 20 °C ne vit pas tout à fait le même hiver qu’une plante sur un balcon. Les succulentes cultivées en intérieur n’entrent jamais vraiment en dormance, et leur arrosage peut suivre un rythme plus régulier.

Le problème, c’est la lumière. Au chaud, la plante continue à pousser, mais elle reçoit beaucoup moins de lumière qu’en été. Résultat : elle s’allonge, s’éclaircit et s’oriente vers la fenêtre. C’est l’étiolement, le défaut le plus fréquent des succulentes d’intérieur en hiver. Deux solutions : soit leur offrir un emplacement plus frais où elles ralentiront vraiment, soit compenser le manque de lumière.

Arroser pendant le repos hivernal

C’est le geste qui fait toute la différence. En hiver, les cactus et succulentes se gardent à peine humides. Pour les espèces qui se reposent en hiver, on peut aller plus loin : elles ont très peu besoin d’eau, et un léger arrosage suffit si les feuilles deviennent sèches et ridées.

Concrètement, voici une méthode simple :

  • Vérifiez le substrat avant chaque arrosage. Enfoncez un doigt ou une baguette en bois sur toute la hauteur du pot : s’il reste la moindre humidité, attendez.
  • Observez les feuilles. Une feuille légèrement plissée indique que la plante puise dans ses réserves, c’est le bon moment pour lui donner un peu d’eau. Une feuille gonflée et ferme n’a besoin de rien.
  • Arrosez peu et le matin. Une petite quantité d’eau à température ambiante, de préférence par le bas ou au pied, sans mouiller le cœur des rosettes.
  • Videz toujours la soucoupe. L’eau stagnante au fond du pot est la première cause de pourriture des racines en hiver.

Plus la plante est au frais, moins elle boit. Une succulente placée à 10 °C près d’une fenêtre peut se passer d’eau pendant des semaines, alors qu’une plante dans une pièce chauffée en demandera davantage. Il n’existe donc pas de fréquence universelle : c’est l’état du substrat et des feuilles qui décide.

La lumière : le vrai manque de l’hiver

En hiver, la lumière devient la ressource la plus rare. Pendant les mois sombres de l’année, il faut donc leur en donner le maximum. Placez vos succulentes au plus près de la fenêtre la plus lumineuse, idéalement orientée sud ou ouest. Si vous hésitez sur l’exposition, notre article sur les orientations de balcon vous aidera à y voir plus clair.

Quelques réflexes utiles :

  • nettoyez les vitres, la différence de lumière est réelle en hiver ;
  • tournez les pots d’un quart de tour régulièrement pour que la plante pousse droite ;
  • évitez de coller les feuilles contre une vitre très froide, le contact peut les marquer ;
  • éloignez les plantes des radiateurs, la chaleur sèche et la faible lumière favorisent l’étiolement.

Température : au frais, mais hors gel

Pour une succulente qui se repose en hiver, un emplacement frais et lumineux est l’idéal : une véranda non chauffée, une chambre peu chauffée, une cage d’escalier claire. La fraîcheur ralentit la plante et limite l’étiolement. La limite, c’est le gel pour les espèces frileuses : les aeoniums, par exemple, ne supportent pas le gel et il vaut mieux ne pas les laisser descendre sous 5 °C, en les rentrant à l’automne.

D’autres espèces sont beaucoup plus résistantes. Les Sempervivum, ou joubarbes, supportent le gel et peuvent simplement entrer en dormance lorsque les températures passent sous zéro. Certains sédums se comportent aussi très bien dehors : le Sedum nussbaumerianum et le Sedum palmeri en sont de bons exemples sur un balcon.

Pour les plantes qui restent dehors, le froid est rarement le seul ennemi. C’est l’association du froid et de l’humidité qui fait le plus de dégâts. Un pot bien drainant, un substrat minéral et un emplacement à l’abri de la pluie, sous un avant-toit ou contre un mur, augmentent nettement les chances de survie.

SituationArrosageLumièrePoint de vigilance
Intérieur chauffé (18 à 22 °C)Quand le substrat est sec sur toute la hauteurAu plus près d’une fenêtre sud ou ouestÉtiolement
Pièce fraîche ou véranda hors gelTrès réduit, seulement si les feuilles se plissentMaximalePourriture si le substrat reste humide
Balcon (espèces rustiques)Pas d’arrosage en période de pluieNaturelleHumidité stagnante, pots sans trou

Ce qu’il vaut mieux éviter pendant le repos

L’engrais

Pas d’engrais pour les cactus et succulentes en hiver. Une plante qui ne pousse pas ne peut pas utiliser les nutriments, qui s’accumulent alors dans le substrat. Reprenez l’engrais au printemps, quand vous voyez réapparaître de nouvelles feuilles au centre des rosettes.

Le rempotage

Il est déconseillé de rempoter une succulente pendant sa dormance. Les racines abîmées par la manipulation cicatrisent mal quand la plante ne pousse pas, et le substrat neuf, souvent plus humide, augmente le risque de pourriture. Il y a une exception : une plante qui pourrit déjà, ou qui arrive de jardinerie dans un substrat détrempé. Dans ce cas, mieux vaut intervenir tout de suite, dans un pot adapté et un substrat sec, puis attendre plusieurs jours avant d’arroser.

Les arrosages « par habitude »

Arroser tous les dimanches parce que c’est le jour habituel est la meilleure façon de perdre une succulente en hiver. Le calendrier ne sait pas si votre plante a soif, le substrat et les feuilles, si.

Oublier de surveiller les parasites

L’air sec des intérieurs chauffés favorise les cochenilles. Une inspection rapide au moment de l’arrosage, au creux des feuilles et au collet, permet de les repérer tôt. Si vous en trouvez, notre article sur les cochenilles des plantes grasses détaille les gestes simples pour s’en débarrasser.

Le cas particulier du cactus de Noël

Le Schlumbergera, plus connu sous le nom de cactus de Noël, ne suit pas la règle générale. Ce n’est pas un cactus du désert mais un cactus épiphyte originaire des forêts tropicales du Brésil. Surtout, il fleurit justement en hiver, et ne doit donc pas être traité comme une succulente au repos.

C’est une plante de jours courts : elle forme ses boutons quand les nuits s’allongent et que l’air se rafraîchit, idéalement avec 13 à 15 heures d’obscurité continue par nuit et des nuits autour de 12 à 15 °C. Pendant cette phase, l’arrosage est réduit sans aller jusqu’à la sécheresse totale, puis il redevient régulier mais modéré pendant la floraison. Une fois les boutons formés, évitez de déplacer ou de tourner le pot, sous peine de les voir tomber. Et si vous voulez le multiplier, vous pouvez bouturer votre cactus de Noël dans l’eau.

Préparer la sortie du repos au printemps

Les soins habituels reprennent au printemps. Le retour à la normale doit cependant être progressif :

  1. attendez de voir de nouvelles pousses au centre des rosettes avant d’augmenter les arrosages ;
  2. espacez encore les apports tant que les nuits restent fraîches ;
  3. réhabituez progressivement au soleil direct les plantes qui ont passé l’hiver à l’intérieur, pour éviter les brûlures ;
  4. profitez de cette période pour rempoter, diviser les rejets et lancer vos boutures.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter complètement d’arroser ses plantes grasses en hiver ?

Pas forcément. Les espèces qui se reposent en hiver ont très peu besoin d’eau, mais un léger arrosage reste utile si les feuilles se plissent. Une plante d’intérieur au chaud continue à consommer un peu d’eau et ne doit pas être privée totalement.

Pourquoi ma succulente perd ses feuilles du bas en hiver ?

La chute de quelques feuilles basses fait partie des signes normaux de dormance. Tant que le cœur de la plante reste ferme et coloré, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Si les feuilles tombent molles et translucides, pensez plutôt à un excès d’eau.

Peut-on laisser ses succulentes dehors en hiver ?

Oui pour les espèces rustiques comme les joubarbes, à condition que le pot soit bien drainé et protégé des pluies prolongées. Non pour les espèces frileuses comme les aeoniums, à rentrer avant les gelées.

Quand mettre de l’engrais à nouveau ?

Au printemps, quand la plante reprend sa croissance. Aucun apport d’engrais n’est conseillé aux cactus et succulentes pendant l’hiver.

En bref !

Le repos hivernal n’est pas une période à craindre, c’est une pause dont vos succulentes ont besoin. Moins d’eau, le plus de lumière possible, de la fraîcheur pour les espèces qui le supportent, pas d’engrais ni de rempotage : avec ces quelques ajustements, vos plantes traverseront l’hiver sans encombre et repartiront de plus belle dès les premiers beaux jours.

Perso, je bouture beaucoup moins en hiver qu’en été ou printemps. Ca peut toujours prendre mais globalement moins vite et avec des succès moins fréquents !


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Griselidis gaillet
Griselidis gaillet

🌱 Fondatrice de Succulentissime, je cultive, observe, filme et photographie ses succulentes depuis plus de dix ans. Je partage ici des conseils simples, testés dans mon quotidien de collectionneuse passionnée.
🪴 Je crois aux gestes doux, à la patience et à la beauté imparfaite de chaque plante.

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