D’accord, le Pilea peperomioides n’est pas une succulente au sens strict, je sais. Mais impossible de ne pas en parler ici tant cette plante traîne dans les mêmes étagères que nos crassulas et nos echeverias, et surtout parce que la question qu’on me pose le plus souvent à son sujet mérite une vraie réponse : bouturer dans l’eau, c’est vraiment une bonne idée, ou juste un truc joli à montrer sur Instagram ?
Spoiler : oui, c’est une bonne idée. Mais pas pour n’importe quelle raison, et pas sans quelques précautions. On regarde tout ça ensemble.

Un peu de culture « générale » !
On ne change pas les bonnes habitudes, et comme je le faisais par ici sur succulentissime en 2015, je rajoute un petit texte sur ce qui entoure la plante, pour nous cultiver ensemble ! =)
Bref, go :
Le Pilea peperomioides vient du sud-ouest de la Chine, repéré pour la première fois par un botaniste écossais en 1906. Mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’un missionnaire norvégien en a ramené des boutures en Europe, d’où son surnom de « plante du missionnaire ». Et le plus savoureux dans l’histoire : la plante s’est répandue de jardin en jardin grâce à des boutures échangées entre amateurs, bien avant d’être officiellement documentée par les botanistes. Autrement dit, le bouturage n’est pas juste une technique pratique pour cette plante, c’est littéralement son histoire.
Notons aussi que même si le pilea peperomioides n’est pas une succulente, c’est pourtant bel et bien une plante grasse ! D’où cet article aujourd’hui 😉
Pourquoi l’eau, concrètement
La première bonne raison, c’est le taux de réussite. Le Pilea fait partie des plantes qui s’enracinent facilement dans l’eau, contrairement à pas mal d’autres espèces qui pourrissent avant même d’avoir développé la moindre racine. La deuxième raison, plus subjective mais tout aussi valable : c’est un plaisir de suivre l’évolution jour après jour. Voir les premières petites racines blanches apparaître, puis s’allonger semaine après semaine, ça a quelque chose d’assez satisfaisant qu’on perd complètement avec un bouturage direct en terre, où tout se joue sous la surface sans qu’on puisse rien observer.
Pour prélever votre bouture, cherchez un rejet à la base de la plante mère, ces petites pousses qui apparaissent naturellement en périphérie du pot une fois que le Pilea a pris de l’âge. Attendez qu’il mesure au moins 5 cm avant de le détacher, avec un couteau propre pour éviter d’introduire des bactéries. Placez-le ensuite dans un petit contenant avec de l’eau, en veillant à ce que seule la base touche l’eau, jamais les feuilles.
Le vrai piège à éviter
Voici le point que beaucoup de monde néglige : l’eau stagnante n’est pas un milieu neutre. Sans renouvellement, elle devient rapidement un terrain propice aux champignons, aux algues et à divers agents pathogènes qui peuvent tuer votre bouture avant même qu’elle ait eu une chance de raciner correctement. La règle simple à retenir : changez l’eau toutes les deux semaines environ, ou dès qu’elle commence à se troubler ou à sentir. Ce n’est pas une contrainte énorme, mais c’est ce petit geste régulier qui fait toute la différence entre une bouture qui prospère et une qui stagne, voire pourrit.
Côté emplacement, une lumière vive mais indirecte convient parfaitement. Évitez le plein soleil direct, qui peut littéralement cuire les jeunes racines encore fragiles à travers le verre du contenant, un peu comme une petite serre miniature incontrôlée.

Le moment de passer en terre
C’est ici que ça devient important de ne pas trop traîner. L’eau permet un bon démarrage, mais elle ne contient aucun nutriment comparé à un vrai substrat. Une fois que les racines atteignent 2 à 5 cm de long, c’est le signal qu’il est temps de rempoter en terre, dans un mélange léger et bien drainant. Certains passionnés laissent leurs boutures vivre en eau pendant des mois, parfois même plus d’un an, sans souci apparent. Mais pour une croissance vraiment optimale sur la durée, la terre reste indispensable à un moment donné : c’est là que la plante trouve les nutriments qu’elle ne peut tout simplement pas puiser dans l’eau seule.

Et une simple feuille, ça marche aussi ?
Petite expérience amusante si vous voulez tenter : oui, une feuille de Pilea toute seule, sans morceau de tige, peut développer des racines dans l’eau. Le souci, c’est qu’elle ne donnera jamais naissance à une plante entière, faute des tissus nécessaires présents uniquement dans la tige. C’est donc plus une curiosité à observer qu’une vraie méthode de multiplication à privilégier. Si votre objectif est d’obtenir un nouveau plant viable, mieux vaut vraiment partir d’un rejet complet avec un morceau de tige.
Une feuille seule dans de l’eau aura aussi beaucoup plus de chance de pourrir par la tige immergée. Donc peu de chances de prendre finalement.
Certaines vidéos sur TikTok et ailleurs montrent que cela fonctionnerait mieux si on scalpe une partie du tronc avec le pied de la feuille, pour que ça « prenne » mieux. Pour ma part, je n’ai pas expérimenté cela.

Alors, verdict final : bouturer dans l’eau, bonne idée ou pas ? Clairement oui, à condition de changer l’eau régulièrement et de ne pas laisser traîner la bouture indéfiniment sans jamais la passer en terre. C’est une méthode accessible, satisfaisante à observer, et qui offre un excellent taux de réussite sur cette plante en particulier. De quoi transformer un simple rejet en un nouveau petit Pilea à offrir, ou à garder pour agrandir votre propre collection.
Un peu de vidéo !
Vu que j’ai longtemps traité le sujet du pilea et son bouturage, notamment sur TikTok, voici une version vidéo :
Avec la vidéo, vous ne verrez pas ma tête mais mes mains ^^ et vous reconnaîtrez le fond, à savoir ma cuisine, qu’on retrouve sur beaucoup de photos publiées sur le site web !
Comme quoi, tout ça est bien gérée par une humaine 😉
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